Résumé synthétique
Garantir à chaque personne, en France et en Europe, un accès universel et équitable à une santé physique et mentale de qualité, tout au long de la vie — qui prévient autant qu'elle soigne, qui intègre les déterminants environnementaux et sociaux, qui reconnaît la santé mentale comme enjeu majeur de santé publique au même titre que la santé physique, et qui s'inscrit dans une approche One Health (santé humaine, animale et environnementale). Une santé qui n'est pas seulement absence de maladie, mais état complet de bien-être physique, mental et social (OMS).
Définition détaillée — Piliers fondamentaux
La santé selon l'OMS
La santé n'est pas seulement l'absence de maladie ou d'infirmité : c'est un état complet de bien-être physique, mental et social. Cette définition fondatrice (OMS, 1946) renverse la vision médicale classique : la santé est un bien positif à construire, articulant le corps (douleurs, organes), l'esprit (humeur, anxiété, épanouissement) et les liens sociaux (intégration, dignité).
Consacrée par la Constitution de l'OMS (1946) et enrichie par la Charte d'Ottawa (1986) sur la promotion de la santé. Le droit à la protection de la santé est inscrit au Préambule de la Constitution française de 1946 (alinéa 11) : « La Nation garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé ».
Source : Constitution de l'OMS (1946), Charte d'Ottawa (1986) & Préambule Constitution 1946Les déterminants sociaux de la santé
Notre santé ne dépend pas seulement de nos comportements individuels ou des hôpitaux. Elle est façonnée par nos conditions de vie : logement, qualité de l'air, alimentation, revenus, conditions de travail, isolement ou discriminations. 70 à 80 % de l'état de santé d'une population dépend de ces déterminants économiques, sociaux et environnementaux.
Théorisés par Dahlgren et Whitehead (1991) et documentés par Michael Marmot (The Health Gap, 2015). En France, l'écart d'espérance de vie entre les 5 % les plus modestes (72 ans) et les 5 % les plus aisés (85 ans) est de 13 ans pour les hommes et de 8 à 9 ans pour les femmes (INSEE Première n° 2085, 2025).
Source : Dahlgren & Whitehead (1991), Michael Marmot & INSEE (2025)La santé mentale
C'est notre équilibre psychique et émotionnel : la capacité à faire face aux épreuves, à nouer des relations, à travailler et à s'épanouir. En France, 1 adulte sur 6 (16 %) a vécu un épisode dépressif en 2024 (22 % chez les 18-29 ans, 28 % chez les personnes en précarité financière), et plus de la moitié n'ont pas consulté. La santé mentale est la Grande Cause nationale 2025.
Définie par l'OMS comme un état de bien-être permettant à chacun de réaliser son potentiel et de surmonter les tensions ordinaires de la vie. Couvre les compétences psychosociales, les troubles psychiques (dépression, anxiété, bipolarité, schizophrénie, addictions, TCA, TDAH, autisme) et est coordonnée par la Délégation ministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie (DMSMP).
Source : Santé publique France (Baromètre 2024, publ. 2025) & OMS (2022)La santé environnementale et l'approche One Health
C'est l'ensemble des liens vitaux entre notre santé et notre environnement : pollution de l'air (40 000 décès/an en France, soit 12× les accidents de la route), pesticides, perturbateurs endocriniens, PFAS, bruit et canicules. L'approche « One Health » (Une seule santé) reconnaît l'interdépendance indissociable entre santé humaine, animale et écosystémique.
Portée conjointement par l'OMS, l'OMSA, la FAO et le PNUE. En France, elle est déclinée par le Plan national santé environnement (PNSE 4 2021-2025) et le Plan EcoAntibio (-45 % d'antibiotiques vétérinaires). Au niveau européen, le Plan zéro pollution vise -55 % de décès liés à la pollution de l'air d'ici 2030.
Source : Santé publique France, PNSE 4 & One Health Joint Plan of ActionLa promotion de la santé et la prévention
Prévenir coûte beaucoup moins cher et évite des souffrances immenses : chaque euro investi en prévention permet d'économiser 3 à 14 € en soins curatifs (OCDE). Pourtant, la France ne consacre que 2,4 % de ses dépenses de santé à la prévention, contre 5 % en moyenne dans l'OCDE.
Articulée par les 5 axes de la Charte d'Ottawa (politiques publiques saines, environnements favorables, action communautaire, aptitudes individuelles, réorientation des services). Opérationnalisée en France par la Stratégie nationale de santé 2023-2033 et le dispositif « Mon Bilan Prévention » aux âges clés (18-25, 45-50, 60-65, 70-75 ans).
Source : DREES (2023), OCDE Panorama de la santé & Charte d'OttawaArticulation avec l'économie quaternaire
L'ODD+ #6 est profondément aligné avec l'économie quaternaire à travers cinq dimensions indissociables :
Valeur ajoutée vs ODD ONU d'origine
L'ODD+ #6 enrichit et dépasse l'ODD 3 de l'ONU (Bonne santé et bien-être), qui présente quatre limites structurelles majeures :
Limite 1 — Focalisation sur la santé physique au détriment de la santé mentale : L'ODD 3 traite la santé mentale de façon marginale, alors que l'ODD+ #6 la place à parité absolue avec la santé somatique.
Limite 2 — Approche curative dominante : L'ODD 3 reste centré sur l'accès aux soins et aux médicaments, sans opérer la bascule vers la médecine préventive et systémique.
Limite 3 — Faible articulation environnementale : L'ODD 3 traite très peu les perturbateurs endocriniens, les pesticides, les PFAS et le concept One Health.
Limite 4 — Invisibilisation des inégalités sociales de santé : L'ODD 3 prône l'accès universel sans traiter le gradient social et les 13 ans d'écart d'espérance de vie.
En synthèse : Là où l'ODD 3 ONU traite la santé comme un service médical à étendre, l'ODD+ #6 propose une vision intégrée portée par la prévention, la santé mentale, l'approche One Health et la valorisation du travail de soin comme bien commun de l'économie quaternaire.